Et si on parlait d’harcèlement scolaire ?

Salut,

Si tu as cliqué par ici c’est que le sujet dont je vais parler t’intéresse, te touche peut-être. Pourquoi j’ai eu envie de parler de ça ? En fait, pour tout t’avouer j’ai fini dernièrement la série #13reasonswhy, si tu ne connais pas c’est une série qui a vraiment marché et dont tout internet a parlé il y a peu de temps. Comme d’habitude, je prends mon temps et laisse l’engouement populaire se tasser avant de débuter une série (ça marche aussi avec les livres).

Je ne m’attendais pas à ce qu’une série me touche autant. 13 reasons Why raconte les 13 raisons du suicide d’une adolescente, Hannah. Par le biais de cassettes audio Hannah va raconter à ses bourreaux les raisons de son choix. Cette série parle d’harcélement, de pression sociale et du poids d’une réputation sur une personne. Cette série m’a touché car j’ai moi aussi été victime d’harcélement et d’une sévère réputation comme Hannah dans cette série a pu le vivre.

Au collège, j’étais une ado discrète, j’avais peu d’amiES mais j’arrivais facilement à me faire des amIS. Pourquoi ? Parce qu’au collège les filles se jalousent, complotent et se mettent des coups de poignard dans le dos. J’étais plutôt mignonne mais ma particularité c’est que j’ai toujours été en avance sur les autres filles. J’ai grandi vite, au CM1 j’étais la plus grande de ma classe, j’ai également eu de la poitrine à cet âge et j’ai eu mes règles dans le même temps… A 9 ans, je suis vite devenue enfant-femme. Je faisais plus vieille que mon âge. Au collège, j’étais déjà formée comme une fille de 16 ans. Forcément, j’ai vite eu droit aux regards des garçons plus âgés et aux messes basses des filles. Bref…

L’harcélement a commencé à mon début de 4ème car j’ai fait l’erreur d’embrasser LE garçon populaire du collège. C’est un garçon que je connaissais bien car il habitait dans ma rue et j’étais dans la même classe que son frère en 4ème et 3ème. Pendant l’été, d’avant ma rentrée en 4ème, je suis donc « sortie » avec ce garçon, on a juste échangé un baiser. Je savais qu’avant de sortir avec moi il était avec une fille, qui habitait la ville d’à côté, et qu’il l’avait quitté avant de me demander de sortir avec lui. Sans cela je ne serais JAMAIS sortie avec ce garçon. Ça n’a pas duré longtemps, il s’est vite lassé… Surement que je n’étais pas aussi « entreprenante » qu’il l’aurait voulu. Bref… A la rentrée, j’ai vite découvert qu’en fait il n’avait pas quitté cette fameuse fille et qu’il l’avait trompé avec moi… Cette fille (qui était donc en 3ème) l’a appris, je ne sais comment, et bien sur dans ces cas là on ne blâme jamais le garçon, non, on blâme la salope qui a séduit son mec.

Cette salope s’est devenue moi. La réputation s’est répandue rapidement et a enflé. Je me faisais insulter par ces filles et même d’autres que je ne connaissais pas dans les couloirs, dans la cour, dès que on me croisait on crachait sur mon passage et on m’insultait de « pute », « salope » et autres jolis noms d’oiseaux. Le comble, c’est que je n’avais jamais été plus loin avec un garçon qu’un simple baiser sur la bouche. Ces insultes ont durées toute l’année. Parfois, on me bousculait, parfois, on me regardait de travers et une fois on m’a même attendu dans les toilettes. J’ai eu la peur de ma vie. On ne m’a jamais touché, ni frappé, rien. Mais cette réputation me collait à la peau.

Au fur et à mesure, mes « amies » m’ont laissé tombé. J’ai fini par croire ces personnes, j’étais une salope alors autant l’être jusqu’au bout. Je sortais avec tous les garçons possible. J’ai fait le mauvais choix car j’ai entretenu cette réputation, je m’en rends compte maintenant. Les garçons acceptaient à chaque fois de sortir avec moi mais bizarrement me laissait vite tomber quand ils se rendaient compte que ma réputation était fausse. Car je n’ai JAMAIS couché avec l’un d’entre eux.

Quand ces filles sont parties du collège, la réputation est restée mais les insultes et les brimades sont parties. Je me suis pourtant retrouvée seule. Terriblement seule. La suite malheureusement pour moi n’a pas été meilleure et mon année de 3ème a été difficile mais c’est un autre sujet dont peut-être j’arriverais à parler un jour même si cela fait presque 15 ans que ça s’est passé. Ce passé je l’ai enterré, j’ai voulu l’oublier. J’ai saccagé mes photos de classe de collège, coupé les têtes des gens qui m’avait fait du mal. J’ai passé ma colère sur mes parents, mes amies qui me voulaient peut-être du bien et j’ai presque gâché mon potentiel à l’école.

J’aurais pu virer plus mal. J’aurais pu me suicider. Oui, j’en ai eu envie de nombreuses fois. Je ne voulais plus aller à l’école. Je ne voulais plus vivre avec cette réputation qui m’a suivi encore des années après. Je suis sûre que si on prononce mon prénom (surtout qu’on ne l’oublie pas facilement) ces personnes se souviendront de moi en pensant : « Ah oui la salope là, qui s’est tapé tous les gars du collège ». Voilà la personne que je suis pour eux.

J’ai avoué il y a à peine 2 ans à mes parents que je m’étais fait harceler au collège. Ma mère a beaucoup regretté que je n’ai rien dit. Je pense toujours que si j’avais dit quelque chose, rien n’aurait pu changer mis à part me changer de collège. Si mes harceleurs avaient eu des répercussions, mon cas aurait empiré.

Alors, attention, je ne dis pas aux victimes d’harcèlement de ne rien dire loin de là ! Je regrette de ne pas m’être livrée à mes parents et d’avoir gardé tout ça pour moi. C’est surtout ce sentiment de solitude qui me colle à la peau. Cela a brisé ma facilité à me faire des amis et à les garder. Je me méfiait de tout le monde et ça a duré longtemps. Je ne me confiait pas. Je restais dans mon coin de peur d’envenimer mon cas.

Il n’y a pas de réels conseils à donner. Chaque harcèlement est différent comme chaque victime le ressent différemment. Le cas de la série 13 reasons why qui montre comment Hannah a réagi à ce qu’elle a vécu le prouve. Peut-être qu’une autre aurait réussi à serrer les dents et à passer au dessus. Avec des peut-être et des si on referait le monde. Je peux dire que j’ai survécu au harcèlement mais suis-je passée au dessus ? Non. La preuve j’y pense encore 15 ans après.

J’aurais aimé que quelqu’un me défende, j’aurais aimé qu’on se demande qui j’étais réellement et qu’on m’aide. J’ai été leur souffre douleur et ça a été la pire période de ma vie avec les 3 années qui ont suivies. Pourtant, même si j’ai été au fond du gouffre avec le recul je me dis que grâce à ça je suis devenue la personne que je suis à présent. Plus j’y pense et plus j’en suis convaincue.

La solitude c’est le pire. Alors si tu lis mon témoignage et que tu es victime d’harcélement en ce moment même, trouves-toi quelqu’un sur le net ou ailleurs à qui parler et à qui te confier. Le pire est de devoir tout subir seule. La solitude c’est ce que recherche les harceleurs, t’isoler et te mettre au fond du fond et plus tu coules plus tu es vulnérable. Je me dis que si j’avais su me confier à quelqu’un j’aurais eu les épaules assez fortes pour passer au dessus de tout ça.

15 ans après je fais le bilan de ma vie, la trentaine approchant à grand pas, je fais comme un mini bilan sur mon passé. Je suis sereine. Je regrette beaucoup de choses mais elles étaient nécessaires même si certaines me font encore souffrir aujourd’hui. Parler fait du bien. Parler soulage les maux. Mon blog me sert à ça également. J’arrive à présent à repenser à tout ça sans pleurer ou sans avoir une boule dans le ventre, cela veut dire que le plus dur à été fait. Pour ce qui est de ce que j’ai vécu après cette année d’harcélement c’est une autre histoire. Je m’ouvre petit à petit et peut-être qu’un jour j’arriverais à parler de tout ça sans ressentir les émotions que je ressens encore aujourd’hui, le dégoût de soi étant le plus difficile à faire partir.

Comme je dis souvent autour de moi, on a tous des boulets aux pieds qui nous freine dans nos vies. Certains ont des boulets plus légers que d’autres et d’autres ont des boulets tellement gros qu’ils n’arrivent plus à avancer et restent bloquer. Aujourd’hui, je peux dire que j’ai un boulet en moins à mes pieds. Reste à travailler pour dégager les autres !

Si tu m’as lu jusqu’ici, je te remercie. N’hésites pas à me faire part de ta propre expérience si toi aussi tu as vécu du harcélement ou autre chose qui a marqué ton adolescence. En tout cas, me confier par ici m’a fait un bien fou. Je voulais le faire par vidéo, mais c’est un sujet tellement sensible que j’ai préféré coucher des mots sur mon vécu plutôt que de montrer mon visage quand je pense à ces choses et de partir un peu trop loin dans mes confidences. Il faut savoir s’arrêter à un moment non ?

Mandy_

 

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Dancefloor Thérapie d’Elisabeth BROUSSE

4ème de couverture :

A trente et un ans, Elisabeth mène sa vie à la baguette : un plan de carrière ambitieux, un appartement digne d’un magazine de déco, il ne manque plus qu’un prince charmant à sa to do list de femme modèle ! Quand le cancer déboule, sa vie sombre dans le chaos, mais Elisabeth met au point une stratégie de survie : d’abord, le déni. Le cancer ? Quel cancer ? Ensuite, la fête. Elle va s’occuper coûte que coûte, à coups de rebellions le jour, de musique, de mojitos et de boîtes de nuit jusqu’à l’aube. Tout est bon pour oublier le can… le problème ! Sinon comment continuer à vivre ? Sa méthode a même un nom : la Dancefloor thérapie !

Mon avis :

Il y a quelque temps je te confiait à quoi ressemblait ma vie sans thyroïde (ici). Je vais mieux de ce côté là depuis quelques mois même si ma santé a pris un autre virage cette année. Bref, on n’est pas là pour parler de ça. J’ai eu envie de lire ce livre grâce à mon fameux groupe Facebook sur la Thyroïde. Beaucoup en ont parlé lors de sa sortie et j’attendais qu’il soit publié en poche afin de pouvoir me le procurer. C’est donc avec plaisir que j’ai commencé cette lecture.

Alors le sujet peut rebuter certains mais je t’assure fonce ! On y parle de cancer certes mais on parle aussi de la Vie qui continue. De comment on fait pour se sortir de la morosité et de profiter de cette vie qui nous attends. Je n’ai pas eu de cancer mais dans ma famille certains ont été touché par cette saloperie. J’ai trouvé que l’autrice abordait le sujet avec beaucoup de facilité et d’humour. Elle a vécu dans le déni de sa maladie très longtemps mais on découvre comment elle va passer au dessus de tout ça et essayer d’aborder l’avenir avec espoir.

L’autrice parle beaucoup du « autour », la famille, les amis, le travail et de la recherche de l’âme soeur alors qu’on est un rescapé. Je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à la réaction de ce « autour » lorsque j’ai dû me faire opérer. Par rapport à l’autrice j’ai eu beaucoup de chance. J’ai apprécié le fait qu’elle s’y attarde et nous fasse part de ses difficultés à aborder la maladie. Je ne l’ai pas vécu pour la thyroïde mais je le vis actuellement pour cette autre maladie qui me touche.

Ses mots ont eu beaucoup d’échos en moi.

Certaines situations m’ont rappelé ma propre expérience. J’ai eu beaucoup de réaction par commentaire après ma confession sur ma vie sans thyroïde et j’invite ces mêmes personnes qui ont appris des choses grâce à mon témoignage à se tourner vers cette lecture si elles veulent en savoir plus. L’autrice y aborde la vie sans thyroïde parfaitement bien, les émotions qui font le yoyo, les crises de larmes sans raison et le fait qu’on change souvent d’avis pour un rien. Elle parle aussi des méthodes alternatives pour se soigner. Etant moi-même dans cette recherche en ce moment j’ai apprécié lire le témoignage de l’autrice par rapport à ça et de revoir mes perspectives.

Je ne vais en aucun cas juger l’histoire de l’autrice car ce serait manquer totalement de respect à ce qu’elle a vécu. Tout ce que je pourrais dire c’est que si tu te poses des questions sur les maladies de la thyroïde et que tu veux en savoir plus, lis ce livre. C’est aussi un concentré de bonne humeur (complètement dingue parfois) et d’espoir.