La Passe-Miroir de Christelle DABOS | Tomes 1 à 3

4ème de couverture :

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

 

Mon avis :

Serait-ce mon dernier coup de coeur de cette année ? Il se faisait attendre mais finalement cette lecture qui m’a fait chavirer c’est bien celle de la Passe-Miroir.

Cette lecture m’a tellement obsédée ces derniers jours que j’ai surpassé ma vie quotidienne et j’ai lu, lu, lu tant que je le pouvais. Je n’avais pas lu si rapidement depuis longtemps. Grâce à cette histoire mes tracas du moment sont passés à la trappe et je me plongeai avec délectation dans la vie d’Ophélie.

Comme d’habitude, j’attends toujours un peu que l’engouement autour d’une saga retombe afin de ne pas être parasitée par des avis élogieux. A la fin de cette lecture, je ne peux qu’être d’accord avec cet engouement. Cette histoire nous happe dès les premiers mots et les personnages sont tellement ahurissants que l’on ne peut que vouloir connaître les calamités qui vont leur tomber sur la tête.

L’histoire peut paraître banale au départ. Ophélie, une « vieille fille », est obligée de se marier avec un inconnu qui bien sur se trouve assez loin de chez elle, dans le Nord. Le mariage est arrangé par les Doyennes de sa famille. L’autrice a créé un monde très curieux et qui donne envie d’en savoir plus. Pour résumé, chaque famille est dirigée par un « Esprit de Famille », cet esprit est en fait un Immortel qui a fondé la famille et perdu la mémoire sur son passé. On s’en doute, la famille d’Ophélie a été créée à force de consanguinité. Les membres de ses familles ont d’ailleurs tous plus ou moins des « pouvoirs » celui d’Ophélie est de « lire » les objets. Elle peut savoir à qui a appartenu un objet et quand. Ophélie est un personnage que j’ai apprécié directement. Ici, pas d’héroïne qui se dit pas jolie et qui est timide à souhait pour ensuite révéler sa beauté fatale à l’homme qu’elle aime. Non, Ophélie est maladroite et introvertie. Elle n’a aucun sens de la mode et n’est pas coquette pour un sou. Bref, une fille on ne peut plus normale et franchement ça fait du bien !

Ophélie va donc se retrouver mêler à des histoires de famille à cause de son futur mariage. Thorn, son futur mari, est une personne très influente et détestée dans sa patrie. Sa famille est redoutée par les autres clans de la lignée de leur Esprit de Famille. J’ai eu du mal avec ce personnage car l’autrice ne le décrira que très peu et il n’aura pas souvent la première place dans l’histoire. Pourtant, au fur et à mesure qu’Ophélie échange avec lui, on entrevoit quelque chose de spécial et sans qu’on s’en rende compte on s’attache aussi à lui, même si, comme Ophélie, il nous énervera à plusieurs reprises.

Ophélie sera surtout entourée par la Tante de Thorn, Berenicle et par sa Marraine, qui fait office de chaperon jusqu’aux noces. Ses deux femmes vont faire parties des complots et des aléas que va vivre Ophélie et elle va en vivre des rebondissements car la Cour du Pôle Nord est un véritable nid de serpents.

J’ai aimé suivre Ophélie dans ses aventures. J’ai vraiment eu de la peine pour elle à de nombreuses reprises mais elle va se révéler au fur et à mesure de l’histoire. J’ai aimé les complots, les secrets et les trahisons qui l’entourent. Les personnages sont fantasques mais le lecteur, tout comme Ophélie, se rendra vite compte que sous la beauté se cache la misère. Cette règle vaudra pour tout le livre en soi. Les paysages, les pouvoirs et les liens qui unissent les personnages peuvent cacher la pire des crasses. La confiance fait partie intégrante de ce nœud compliqué. Ophélie ne peut se fier à personne à part elle-même et l’autrice nous fait passer quelques petites leçons de morale dans son histoire. La confiance se gagne et pour bien des raisons.

L’univers de ce livre est tout simplement passionnant. Passe encore l’histoire et les personnages mais l’endroit où tout se joue à aussi son importance. C’est un véritable huit clos, les protagonistes ne peuvent pas sortir car dehors il fait -25°. L’hiver empêche toute fuite. Les familles/clans, leurs pouvoirs et leurs passés respectifs donnent envie d’en savoir plus. J’ai été littéralement conquise par ce mystère qui entoure les différents personnages.

Pour conclure, l’autrice a su donner envie aux lecteurs de tourner les pages en dosant son histoire et le caractère de ses personnages avec parcimonie. Le fait que le personnage de Thorn soit si peu décrit et si peu présent laisse planer une aura de mystère autour de lui et on ne peut que plaindre Ophélie par rapport aux obstacles qu’elle va devoir surpasser et ce la plupart du temps seule. La violence avec laquelle elle va entrer dans cette nouvelle vie donne envie de savoir si elle va s’en sortir ou pas et surtout comment. L’univers est ce qui m’a le plus plu. Il est riche et pourtant j’ai l’impression de n’avoir entrevu qu’une petite partie de ce qu’il a à offrir. J’ai donc hâte de lire la suite et de découvrir si oui ou non Ophélie va épouser Thorn et ce qu’ils vont devoir subir encore avant d’y arriver.


Couverture La Passe-miroir, tome 2 : Les disparus du Clairdelune

4ème de couverture :

Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.

 

Mon avis :

Sitôt lu le premier tome, que je n’ai pas pu m’empêcher de vouloir me procurer le second. Chose faite, je me suis plongée avec délectation dans la suite des aventures d’Ophélie et Thorn. C’est un second coup de cœur. J’ai dévoré ce tome en quelques heures seulement. Comment t’expliquer que cela faisait plusieurs mois (voire année ?) que je n’avais pas lu aussi vite ? Je suis secouée par les émotions que je ressens pendant cette lecture.

J’ai l’impression de retrouver des amis et de vivre intensément cette aventure. J’ai l’impression d’être une protagoniste essentielle pour que tout se déroule correctement. Je frissonne avec Ophélie, je rage avec elle et je supplie avec elle. L’autrice arrive à intégrer le lecteur complètement avec ses personnages.

On retrouve donc Ophélie et Thorn tout de suite là ou on les a laissé. Ophélie s’apprête à être reçue par Farouk en personne. L’autrice fait passer les émotions d’Ophélie remarquablement bien. Elle arrive également à nous faire apprécier Thorn alors que c’est un personnage qui ne vient que quand on ne s’y attend pas. Il part et revient régulièrement dans ce tome. Pourtant, comme Ophélie, le lecteur se met à attendre ses interventions avec impatience. J’ai eu plusieurs fois une boule au ventre en attendant les échanges en tête à tête entre ses deux personnages. Ils sont attendrissants dans leur gaucherie. Je ne sais pas comment l’autrice à eu l’idée de mettre en « couple » deux personnages si différents l’un de l’autre.

On commence à entrevoir le nœud de complot qui visent Thorn et sa famille. Un « ennemi » fait également son entrée l’air de rien et sa main mise sur ce qu’il se passe dans la vie de Thorn et Ophélie n’est qu’une goutte dans l’océan. Je salue vraiment l’autrice de réussir à créer un nuage de fumée si puissant que le lecteur n’arrive pas à se douter des rebondissements qui vont rythmer l’histoire. Elle fait tout ça en ajoutant parfois quelques touches d’humour grâce aux nombreuses maladresses d’Ophélie, aux réparties de Thorn et aux interventions d’Archibald, un personnage secondaire qui va prendre beaucoup d’importance dans ce tome à l’instar de la tante de Thorn, Berenilde, qui était très présente dans le premier tome.

Je n’ai qu’un seul « petit » regret. Le fait que cet « ennemi » est un lien avec la Religion et un certain « Dieu » me dérange un peu. Je n’aime pas trop quand on insère la Religion/croyance en une entité supérieure dans les livres. J’aurais préféré un bon vieux méchant humain doté de pouvoirs bien trop puissants. Enfin, on verra ce que me réserve comme surprise le troisième tome car je compte bien le commencer tout de suite après. Le seul problème c’est que l’autrice est seulement entrain d’écrire la suite… Je ne sais vraiment mais vraiment pas comment je vais faire pour lire autre chose après ce coup de cœur phénoménale que j’ai ressenti pour cette histoire.

Cette histoire a ébranlé mes croyances en matière de lecture. Je ressens un certain attachement pour ses personnages qu’ils soient principaux ou secondaires et ils m’obsèdent tous littéralement. Je m’inquiète pour eux, je vibre avec eux et je ressens une amitié sincère pour certains d’entre eux. Cette histoire me fait ressentir des choses extrêmement puissante. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas ressentie ça. Je suis grisée à chaque paragraphe et je me sens complètement hébétée quand je dois arrêter ma lecture.


Couverture La Passe-Miroir, tome 3 : La mémoire de Babel

4ème de couverture :

Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

 

Mon avis :

Je me suis lancée dans ce 3ème tome avec une énergie folle et bien je suis un peu triste d’avouer que la lecture de ce 3ème est mitigée. En effet, forte de mes deux coups de coeur pour le 1er et 2ème tome, j’ai eu vraiment hâte de me plonger dans ce 3ème tome. Pour résumé, je me suis ennuyée pendant la moitié du livre.

On retrouve Ophélie presque trois ans après la fin du 2ème tome. Tout d’abord, j’ai été déçue de constater qu’Ophélie n’a strictement rien fait pendant ces années. Elle s’est morfondue et a attendu que quelque chose la fasse bouger. Heureusement, Archibald et les autres, eux n’ont pas chaumés et ont appris pas mal de choses sur les différentes arches et sur les façons de les visiter rapidement. Ophélie va donc recevoir le coup de pieds aux fesses tant attendu et va atterrir à Babel.

Thorn quant à lui est introuvable. Personne ne sait ce qu’il est devenu. Pendant la moitié du livre, il sera encore une fois le grand absent de l’histoire. Suivre Ophélie seule était vraiment fastidieux car elle va intégrer une école prestigieuse sur Babel, qui forme les élèves à devenir Avant-coureurs, ce sont des personnes qui connaissent tout sur tout et qui veulent savoir tout sur tout. J’ai eu du mal car Ophélie a oublié tout ce qu’elle avait appris jusqu’à sa séparation avec Thorn. Plusieurs fois elle va être la victime de petits morveux et ne va rien faire pour se défendre. Je n’ai pas reconnu l’Ophélie qui avait évolué dans les deux précédents tomes et ça m’a clairement déçu.

Cette phase de formation est donc très longue à suivre même si certains personnages secondaires sont intéressants à connaître, comme Blaeius ou Octavio. Deux personnages bien différents, l’un est aussi maladroit qu’Ophélie et l’autre est le fils d’une des formatrices de l’école. Pourtant, j’ai apprécié les suivre et les voir échanger avec Ophélie. J’ai même cru à un moment qu’une romance allait s’installer. Peine perdue, Ophélie est obsédée par Thorn et veut absolument le retrouver.

La seconde partie du livre va être difficile à décrire sans spoiler mais c’est celle que j’ai préféré. L’action reprend un rythme soutenu même trop rapide. Les rebondissements s’enchaînent et les révélations sont surprenantes dans le bon sens du terme. Je suis ravie de constater que ce grand méchant n’est pas vraiment ce que j’imaginais dans le 2ème tome et cela me rassure car j’avais vraiment peur que ça parte un peu loin dans le mysticisme.

Dans cette seconde partie, Ophélie reprends du poil de la bête et j’ai été ravie de la revoir prendre les devants et s’assumer à nouveau telle qu’elle est. Elle m’a souvent exaspéré dans ce tome mais la fin m’a séduite et réconciliée avec ce personnage. Cette fin qui d’ailleurs me met au supplice d’attendre le 4ème tome qui n’est même pas encore prévu dans les prochains mois.

Pour conclure, cette saga m’a profondément marqué. Après avoir fini cette dernière page, elle m’obsède encore et certains des échanges entre les personnages me reviennent. Je pense vraiment que l’engouement autour de cette saga est mérité. Elle vaut vraiment le coup. J’ai tout de même hâte de suivre les prochaines aventures d’Ophélie malgré ce troisième tome en demi teinte.

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Le silence des sirènes de Sarah OCKLER

Couverture Le silence des sirènes

4ème de couverture :

Elyse, promise a une belle carrière de chanteuse, doit partir en tournée avec sa sœur jumelle. Mais elle perd sa voix suite à un accident en mer. Du jour au lendemain, sa joie de vivre et ses rêves s’envolent… Elle se réfugie chez sa tante, à Atargatis Cove, une petite ville portuaire. Là-bas, elle s’isole, passant ses journées à écrire des poèmes sur le flanc d’un bateau échoué. Mais le navire n’est pas aussi abandonné qu’elle le croit : elle est bientôt surprise par Christian, le fils du propriétaire. Ce dernier ne semble pas indifférent a son charme mais il a tout du bad boy à fuir…

Mon avis :

Si j’ai appris quelque chose pendant mes lectures c’est qu’il ne faut pas se fier à la couverture ou à la 4ème de couverture. Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’une histoire me fasse autant de bien ! J’ai passé un moment agréable et j’ai été touchée par la simplicité qui se dégage de cette histoire mais également par le message qu’elle fait passer.

L’histoire est simple, on rencontre Elyse, une jeune femme devenue muette suite à un accident de la vie. Au départ, on ne sait pas ce qu’elle a vécu ni comment elle est devenue aphone. L’autrice a réussi à tourner son histoire d’une façon qu’on ne découvre son personnage principal qu’en même temps que les autres personnages. Elle intègre totalement le lecteur à ce qu’il se passe, il est en total immersion dans la vie d’Elyse, comme s’il était son confident. Elyse vit avec sa tante et sa cousine, qu’elle ne connaît pas vraiment et qui l’ont recueillie suite à son accident. Elyse vient d’une grande famille et a une sœur jumelle, elles étaient toutes les deux destinées à devenir des chanteuses professionnelles et à partir en tournée, jusqu’au drame.

L’autrice sait faire passer les émotions de ses personnages, on apprend l’ampleur de ce qu’ils vivent au fur et à mesure. Ici, un « simple » pari fait entre deux hommes influents va bouleverser la vie d’une ville entière. La plume de l’autrice m’a souvent fait penser à celle de Françoise BOURDIN qui trouve toujours les bons mots pour décrire les émotions de ses personnages. Je suis vraiment conquise surtout après ma lecture de cet été-là. Je compte bien lire d’autres livres de cette autrice afin d’explorer complètement son univers.

L’histoire pourrait donc paraître très triste et sans grand intérêt, pourtant on va assister à une réelle évolution. Elyse va réussir à s’ouvrir aux autres malgré son handicap et surtout tomber amoureuse. En effet, Elyse a beaucoup de mal à communiquer vu que son accident est récent, elle ne communique pas par langue des signes mais par suggestion. Elle articule et les autres doivent deviner ce qu’elle essaie de leur dire. Cela donne parfois des échanges assez comique même si j’ai trouvé que les autres la comprenait quand même un peu trop facilement. L’autrice intègre quand même de temps à autre des échanges manuscrits, dont certains sont vraiment mignons et romantiques, pour rendre le tout plus crédible.

Dans ce livre, l’autrice parle avant tout d’amour même s’il est classé en contemporain, je le clasifierait plutôt en romance. Cette histoire d’amour peu commune sur fond de pari m’a touché. J’ai aimé suivre l’évolution de ces deux personnages même si celui de Christian m’a semblé au départ bourré de stéréotype (cf. le « bad boy »). Elyse va réellement changer grâce à cette rencontre, tout comme Christian qui va au final se révéler plus complexe que ce que l’autrice nous montre au début de l’histoire. Leur couple est vraiment beau à suivre et on se prend carrément d’affection pour eux.

Je conclus donc mes lectures d’été avec deux belles histoires et peut ainsi reprendre mes lectures pour mon challenge avec engouement ! Fini le contemporain on repasse à mon genre préféré : la Fantasy. Reste connecté d’autres avis suivront prochainement !