Kushiel de Jacqueline CAREY | Tomes 1 à 3

AVIS SUR LE TOME 3 PLUS BAS DANS L’ARTICLE ^^

Couverture Kushiel, tome 1 : La Marque

4ème de couverture :

Phèdre nô Delaunay a été vendue par sa mère alors qu’elle n’était qu’une enfant.
Habitant désormais la demeure d’un haut personnage de la noblesse, pour le moins énigmatique, elle y apprend l’histoire, la théologie, la politique et les langues étrangères, mais surtout…
les arts du plaisir.
Car elle possède un don unique, cruel et magnifique, faisant d’elle une espionne précieuse et la plus convoitée des courtisanes.
Rien ne paraît pourtant lui promettre un destin héroïque.
Or, lorsqu’elle découvre par hasard le complot qui pèse sur sa patrie, Terre d’Ange, elle n’a d’autre choix que de passer à l’action.
Commence alors pour elle une aventure épique et déchirante, semée d’embûches, qu’il lui faudra mener jusqu’au bout pour sauver son peuple.

 

Mon avis :

C’est un coup de coeur ! Et pas des moindres ! Je ressors de la lecture fastidieuse mais prenante de ces 910 pages complètement émotionnée et impatiente de savoir la suite des aventures de Phèdre.

Franchement, je ne sais pas par où commencer. Résumer 900 pages en quelques lignes va être compliqué que ce soit pour te faire part de ce que j’ai ressenti que pour te raconter un peu ce que vaut l’histoire. Je m’excuse donc de la longueur de cet avis et de mes propos pas forcément bien ordonnés.

Ce que je retiens surtout de ce 1er tome, c’est l’action très présente et très prenante. Je n’ai ressenti aucune longueur. Même lors de la mise en place de l’histoire et des personnages car l’auteur arrive à nous intriguer et à nous donner envie d’entamer ce pavé avec force et passion.

J’ai été quelque peu surprise de ces premiers chapitres où on découvre Phèdre. Elle nous raconte son histoire dès  son enfance jusqu’aux divers moments importants qui vont faire toute l’histoire. Phèdre n’est pas du tout une héroïne comme les autres. C’est une adepte d’un genre sexuel très spécial (je peux même dire que Grey et compagnie peuvent aller se rhabiller et faire joujou avec des fouets de cuisine, tiens). Elle va jouer un rôle très important dans des manigances allant au delà de tout ce que l’on peut imaginer et bien plus complexes que l’on pourrait le penser aux premiers abords. Phèdre, elle-même, ne s’en rendra compte que bien plus tard dans l’histoire et cherchera à se repentir à de nombreuses occasions. Malheureusement, elle va être un jouet dans ces manigances et va apprendre quelque chose qu’il  ne fallait pas et qui va détruire son « monde » et ses projets d’avenir. Phèdre est un personnage entier, qui va réellement évoluer pendant toute l’histoire. Elle va passer de jeune femme naïve et pas vraiment certaines de son « pouvoir » à Maîtresse d’une machination énorme et à une échelle territoriale importante. J’ai adoré ce personnage. Heureusement, vous me direz, car c’est elle et elle seule que l’on suivra. Ses pensées les plus intimes, ses hontes, ses amours, ses regrets, ses actes etc… vont nous être dévoilés sans retenue aucune de l’auteur. On saura tout sur elle.

Autour de Phèdre papillonne pas mal d’autres personnages, au final très peu resteront à ses côtés de façon permanente. Le peu qu’il y aura seront des personnages profondément différents mais carrément attachants. Je retiens surtout Josselin (un prénom que j’adore !) qui va être aux côtés de Phèdre du début jusqu’à la fin. J’ai vu venir l’évolution de leur relation assez rapidement mais l’auteur nous torture littéralement à ne pas la faire évoluer rapidement. Cette relation va aller doucement, pas après pas, et je ne vous dis pas comment j’ai carrément sauté d’une joie pure à un moment « x » vers la fin du livre ! Josselin va lui aussi beaucoup évoluer et je pense que c’est même la « pire » évolution qu’on puisse suivre chez un personnage car il va devoir renier ses enseignements et ses principes même pour pouvoir rester auprès de Phèdre.

Je vous l’avais dit mon avis risque d’être long. Et je suis encore loin de t’avoir dit à quel point j’ai aimé ma lecture !

Je reprends. Il y a aussi Hyacinthe, qui est un personnage qui va apporter un peu de joie et de bonne humeur dans cette histoire qui est assez sombre. Il va jouer un rôle important à de nombreuses reprises. C’est un personnage qui va apporter bien d’autres choses mais je garde quelques mystères pour t’intriguer un peu.

L’auteur est une virtuose pour tout ce qui est des machinations, trahisons et descriptions d’action. On a un nombre étonnant d’information à traiter mais jamais je n’ai été perdue ! Pour dire ! Il faut suivre le fil avec 900 pages devant soi et pourtant toute l’action se passe sans accroche, sans problème et sans heurt. Les descriptions sont juste phénoménales au point que c’était comme si je visionnais un film. Je tiens quand même à préciser que certaines scènes sont assez hard (surtout les scènes de sexe) au début du livre (pour ce genre là). Je ne m’attendais pas à cela alors je te préviens !

Je retiens également les derniers gros chapitres où tout le suspens et la tension arrivent à leur but ultime, à l’apothéose. Les scènes de guerre sont juste énormes ! J’ai ressenti tellement d’émotion, je suis presque passée par toute ! La joie quand Phèdre avoue enfin certains de ses sentiments, la peur face aux Skhaldiques, la haine face à Melisande (la méchante de l’histoire hélas) et la tristesse lors du départ de certains personnages. Mais aussi une excitation incomparable lors de la grande Bataille finale.

Les pages ont filé à une vitesse ! Et pourtant j’ai mis environ 2 bonnes semaines à en venir à bout, en plus en ebook je ne vous dis pas, quand je voyais que je n’avais lu que 2% du livre je pleurais de désespoir. Les dernières pages ont été tellement trépidante que je ne pouvais plus lâcher ma KOBO.

Alors que dire pour conclure ? C’est assez difficile de résumer 900 pages de bonheur intense. Je n’avais pas ressenti ça depuis quoi ? Elantris de Brandon SANDERSON. Alors, comment dire que quand je sais qu’il y a de nombreux tomes à venir et que je les veux tous ! Car, oui, je vais m’acheter ce livre en version papier sans aucun doute là dessus ! Il me le faut dans ma biblio.

J’ai tellement aimé ce livre. Quand je vois mon avis je me dis que je n’ai même pas dit le quart de la moitié de ce que j’ai ressenti. Je pourrais en parler pendant des heures et des heures. J’aurais limite envie de me refaire les 900 pages là tout de suite juste pour voir si je n’ai pas raté quelques détails importants pour la suite de l’histoire. J’ai tellement apprécié suivre Phèdre et Josselin, les découvrir a été un réel plaisir et savoir que je vais les retrouver est un bonheur.

Je conclurais simplement que cette saga va faire partie de mes chouchous. Alors Lances-toi!


Couverture Kushiel, tome 2 : L'élue

4ème de couverture :

Phèdre no Delaunay porte la marque de Kushiel, qui lui vaut d’éprouver à jamais le plaisir dans la souffrance. Devenue la plus convoitée des courtisanes, ainsi qu’une espionne exceptionnelle, elle a dû tout sacrifier pour sauver sa patrie d’une sombre conspiration. Aujourd’hui, les poètes chantent ses exploits, mais les dieux n’en ont pas fini avec elle. Car si le peuple d’Angelin aime sa jeune reine, d’autres ne pensent qu’à lui ravir la couronne. Et les comploteurs qui ont échappé au courroux des puissants sont avides de vengeance. Laissez-vous séduire par un monde vénéneux peuplé de conspirateurs, de monarques assiégés et de seigneurs de guerre barbares et surtout par Phèdre, une héroïne hors du commun.

Mon avis :

Contrairement à ce que je m’attendais ce second tome ne sera pas un coup de coeur mais j’ai quand même passé un agréable moment à suivre Phèdre et j’ai surtout apprécié redécouvrir l’univers créé par Jacqueline Carey.

Ce tome est un peu en dessous du premier, à mon avis. J’ai trouvé Phèdre très exaspérante par moment. Elle n’est plus la même femme et c’est normal car elle a vécu des choses que peu de mortels peuvent se vanter. J’ai eu surtout l’impression qu’elle se perdait un peu elle-même. Elle reste quand même une espionne talentueuse et j’ai aimé suivre le cheminement de ses réflexions dans son enquête pour faire face à une énième probable trahison.

Par contre, j’ai trouvé que la relation Phèdre/Joscelin était plus pure et plus émouvante que dans le premier tome. C’est vraiment, pour moi, le moteur de ce second tome. Malheureusement, cette relation va être mise à rude épreuve. On ressent vraiment cet amour impossible et on a vraiment envie de les voir ensemble et de les voir s’aimer. Leurs natures respectives ne vont pas les aider et j’ai préféré suivre cette intrigue plutôt que la principale.

L’histoire est intéressante mais, par rapport à l’intrigue du premier tome, j’ai deviné la plupart des révélations avant qu’elles n’arrivent. Cela a un peu gâché mon appréciation de l’histoire. Comme dit l’intrigue secondaire entre Phèdre et Joscelin m’est apparue beaucoup plus intéressante. On rencontre beaucoup de personnage plus ou moins secondaire et l’action va vite s’enchaîner au point que j’ai eu parfois du mal à la suivre. Phèdre va également beaucoup voyager et le fait de lire en Ebook n’aide pas à se situer car la carte est en début de livre. Donc même si c’est assez difficile de bien suivre l’intrigue, j’ai eu des moments très passionnants et émouvant, j’ai eu souvent les « poils ».

Mon avis est un peu moins décousu que pour le premier tome car vraiment je n’ai pas été prise de passion. D’ailleurs, même si cela va paraître bizarre, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup moins de scènes érotiques. Du coup, l’aura de Phèdre m’est apparue un peu moins éblouissante et le personnage moins charismatique. Après, ces scènes ne font pas tout, mais ce que j’aimais dans le 1er tome c’est que cela faisait entièrement partie de la personnalité de Phèdre, elle est une anguissette et elle ne peut rien faire contre sa nature. Phèdre va beaucoup se battre contre cette nature et se remettra souvent en question et je n’ai pas trouvé ce combat intérieur très virulent.

Pour conclure, l’intrigue était sans surprise, l’action est un peu trop rapide et peut perdre le lecteur. Les personnages secondaires rencontrés sont tous intéressants mais pas assez construits à mon goût. Cependant, j’ai apprécié suivre l’évolution de la relation entre Phèdre et Joscelin mais aussi découvrir des endroits inconnu et différents de ceux rencontrés dans le 1er tome. L’auteur a construit un monde entier peuplé de diverses cultures et de personnages tout aussi rocambolesques les uns que les autres. Je lirais donc le tome 3 avec curiosité car l’auteur met en place une nouvelle intrigue que je suis curieuse de découvrir.


Couverture Kushiel, tome 3 : L'Avatar

4ème de couverture :

La marque de Kushiel dans l’oeil de Phèdre nô Delaunay fait d’elle une élue, et lui vaut d’éprouver à jamais le plaisir dans la souffrance. Sur son chemin semé de dangers, elle peut compter sur le moine guerrier Joscelin. Bien que la nature de Phèdre soit une source perpétuelle de tourments pour eux deux, Joscelin lui demeure indéfectiblement fidèle. Jamais il n’a trahi son serment: protéger et servir. Mais le destin lui réserve une ultime épreuve. En effet, Phèdre n’a jamais oublié Hyacinthe, son ami d’enfance et, depuis dix ans, elle cherche en vain la clé qui le libérerait de son asservissement éternel. Car Hyacinthe a conclu un pacte avec les dieux pour se sacrifier à la place de son amie et sauver sa patrie. Aussi Phèdre saisit-elle la dernière chance qui lui est donnée de le sauver. Cette quête la conduira au bout du monde, par-delà des royaumes où règne la folie, à la merci de seigneurs de guerre déments et cruels, et face à un pouvoir si immense et terrifiant que personne n’ose en prononcer le nom…

Mon avis :

C’est avec une petite pointe d’émotions que j’ai fini cette première trilogie de l’autrice. C’était un 3ème tome dense, complet et parfois vraiment effrayant. Il se passe énormément de choses dans ce dernier tome et je pense que le lecteur peut se retrouver perdu face à cette brique de 900 pages.

J’ai apprécié retrouver l’univers de l’autrice, Terre d’ange et ses habitants me passionnent pas mal et ici on fait un bond de 10 années par rapport au second tome. Phèdre a vieilli (enfin elle a la trentaine...) et elle a vécu dans une relative paix jusqu’à maintenant. Cependant, un « rêve » va la marquer profondément et elle va se retrouver mêlée à un périple des plus fantastiques. Elle va littéralement être le pion des Dieux et ils vont la mener jusqu’à la plus extrême des obscurités. Ce dernier tome est dur. Les personnages principaux vont énormément souffrir et être poussés dans leurs retranchements.

Encore une fois j’ai regretté de lire cette histoire en Ebook car Phèdre va faire un très long chemin et une carte n’aurait pas été de trop pour bien resituer. J’ai tout de même deviné quelques similitudes avec des paysages qui existent réellement. Ces paysages décrits par l’autrice sont tous exotiques et intéressants à découvrir. J’ai vraiment eu l’impression de traverser le désert avec Phèdre et ses compagnons ou même de vivre la saison des pluies et sa moiteur ambiante. Bref, on voyage plus que nécessaire dans ce tome et l’histoire se déroule sur plus de 2 ans. C’est intense et extrêmement lourd pour quelqu’un qui n’aurait pas l’habitude d’ingérer autant d’informations.

Je ne peux pas vraiment expliquer l’histoire mais Phèdre reste un personnage que j’ai apprécié suivre. Sa « malédiction » d’Anguissette va se révéler très lourde à porter dans ce tome et certaines scènes m’ont mise mal à l’aise (voire dégoûtée). Phèdre et Josselin vont devoir faire face à un ennemi mauvais et puissant. Ils vont souvent se retrouver dans des situations délicates et leur amour va être mis à mal à de nombreuses reprises. Josselin se révèle dans ce dernier tome pour moi. Il va vraiment prendre une ampleur de caractère et de loyauté que je n’ai jamais lu ailleurs que dans cette saga. L’amour qui lie les différents personnages est tellement beau que l’autrice arrive à le faire transparaître sans difficulté. On souffre avec les personnages mais on aime aussi.

Je regrette juste quelques longueurs notamment au début du livre, le temps que l’action se mette en route. Il y a aussi quelques facilités de résolutions de problèmes qui m’ont chagriné notamment pour tout ce qui concerne ce fameux ennemi. Même si nos personnages souffrent atrocement j’ai parfois trouvé qu’ils s’en sortaient quand même bien, surtout Phèdre.

Cette saga reste pour moi un ovni dans le genre de la Fantasy, mêlant érotisme et religion. Je n’ai jamais lu les mêmes genres de scènes dans d’autres saga de Fantasy. Le monde créé est absolument unique et restera dans ma mémoire. Je ne pense pas relire cette première trilogie un jour car elle est vraiment beaucoup trop dense pour que j’ai le courage de m’y replonger mais je vais continuer avec la seconde trilogie qui je pense sera tout aussi intéressante à découvrir.

 

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La Passe-Miroir de Christelle DABOS | Tomes 1 à 3

4ème de couverture :

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

 

Mon avis :

Serait-ce mon dernier coup de coeur de cette année ? Il se faisait attendre mais finalement cette lecture qui m’a fait chavirer c’est bien celle de la Passe-Miroir.

Cette lecture m’a tellement obsédée ces derniers jours que j’ai surpassé ma vie quotidienne et j’ai lu, lu, lu tant que je le pouvais. Je n’avais pas lu si rapidement depuis longtemps. Grâce à cette histoire mes tracas du moment sont passés à la trappe et je me plongeai avec délectation dans la vie d’Ophélie.

Comme d’habitude, j’attends toujours un peu que l’engouement autour d’une saga retombe afin de ne pas être parasitée par des avis élogieux. A la fin de cette lecture, je ne peux qu’être d’accord avec cet engouement. Cette histoire nous happe dès les premiers mots et les personnages sont tellement ahurissants que l’on ne peut que vouloir connaître les calamités qui vont leur tomber sur la tête.

L’histoire peut paraître banale au départ. Ophélie, une « vieille fille », est obligée de se marier avec un inconnu qui bien sur se trouve assez loin de chez elle, dans le Nord. Le mariage est arrangé par les Doyennes de sa famille. L’autrice a créé un monde très curieux et qui donne envie d’en savoir plus. Pour résumé, chaque famille est dirigée par un « Esprit de Famille », cet esprit est en fait un Immortel qui a fondé la famille et perdu la mémoire sur son passé. On s’en doute, la famille d’Ophélie a été créée à force de consanguinité. Les membres de ses familles ont d’ailleurs tous plus ou moins des « pouvoirs » celui d’Ophélie est de « lire » les objets. Elle peut savoir à qui a appartenu un objet et quand. Ophélie est un personnage que j’ai apprécié directement. Ici, pas d’héroïne qui se dit pas jolie et qui est timide à souhait pour ensuite révéler sa beauté fatale à l’homme qu’elle aime. Non, Ophélie est maladroite et introvertie. Elle n’a aucun sens de la mode et n’est pas coquette pour un sou. Bref, une fille on ne peut plus normale et franchement ça fait du bien !

Ophélie va donc se retrouver mêler à des histoires de famille à cause de son futur mariage. Thorn, son futur mari, est une personne très influente et détestée dans sa patrie. Sa famille est redoutée par les autres clans de la lignée de leur Esprit de Famille. J’ai eu du mal avec ce personnage car l’autrice ne le décrira que très peu et il n’aura pas souvent la première place dans l’histoire. Pourtant, au fur et à mesure qu’Ophélie échange avec lui, on entrevoit quelque chose de spécial et sans qu’on s’en rende compte on s’attache aussi à lui, même si, comme Ophélie, il nous énervera à plusieurs reprises.

Ophélie sera surtout entourée par la Tante de Thorn, Berenicle et par sa Marraine, qui fait office de chaperon jusqu’aux noces. Ses deux femmes vont faire parties des complots et des aléas que va vivre Ophélie et elle va en vivre des rebondissements car la Cour du Pôle Nord est un véritable nid de serpents.

J’ai aimé suivre Ophélie dans ses aventures. J’ai vraiment eu de la peine pour elle à de nombreuses reprises mais elle va se révéler au fur et à mesure de l’histoire. J’ai aimé les complots, les secrets et les trahisons qui l’entourent. Les personnages sont fantasques mais le lecteur, tout comme Ophélie, se rendra vite compte que sous la beauté se cache la misère. Cette règle vaudra pour tout le livre en soi. Les paysages, les pouvoirs et les liens qui unissent les personnages peuvent cacher la pire des crasses. La confiance fait partie intégrante de ce nœud compliqué. Ophélie ne peut se fier à personne à part elle-même et l’autrice nous fait passer quelques petites leçons de morale dans son histoire. La confiance se gagne et pour bien des raisons.

L’univers de ce livre est tout simplement passionnant. Passe encore l’histoire et les personnages mais l’endroit où tout se joue à aussi son importance. C’est un véritable huit clos, les protagonistes ne peuvent pas sortir car dehors il fait -25°. L’hiver empêche toute fuite. Les familles/clans, leurs pouvoirs et leurs passés respectifs donnent envie d’en savoir plus. J’ai été littéralement conquise par ce mystère qui entoure les différents personnages.

Pour conclure, l’autrice a su donner envie aux lecteurs de tourner les pages en dosant son histoire et le caractère de ses personnages avec parcimonie. Le fait que le personnage de Thorn soit si peu décrit et si peu présent laisse planer une aura de mystère autour de lui et on ne peut que plaindre Ophélie par rapport aux obstacles qu’elle va devoir surpasser et ce la plupart du temps seule. La violence avec laquelle elle va entrer dans cette nouvelle vie donne envie de savoir si elle va s’en sortir ou pas et surtout comment. L’univers est ce qui m’a le plus plu. Il est riche et pourtant j’ai l’impression de n’avoir entrevu qu’une petite partie de ce qu’il a à offrir. J’ai donc hâte de lire la suite et de découvrir si oui ou non Ophélie va épouser Thorn et ce qu’ils vont devoir subir encore avant d’y arriver.


Couverture La Passe-miroir, tome 2 : Les disparus du Clairdelune

4ème de couverture :

Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.

 

Mon avis :

Sitôt lu le premier tome, que je n’ai pas pu m’empêcher de vouloir me procurer le second. Chose faite, je me suis plongée avec délectation dans la suite des aventures d’Ophélie et Thorn. C’est un second coup de cœur. J’ai dévoré ce tome en quelques heures seulement. Comment t’expliquer que cela faisait plusieurs mois (voire année ?) que je n’avais pas lu aussi vite ? Je suis secouée par les émotions que je ressens pendant cette lecture.

J’ai l’impression de retrouver des amis et de vivre intensément cette aventure. J’ai l’impression d’être une protagoniste essentielle pour que tout se déroule correctement. Je frissonne avec Ophélie, je rage avec elle et je supplie avec elle. L’autrice arrive à intégrer le lecteur complètement avec ses personnages.

On retrouve donc Ophélie et Thorn tout de suite là ou on les a laissé. Ophélie s’apprête à être reçue par Farouk en personne. L’autrice fait passer les émotions d’Ophélie remarquablement bien. Elle arrive également à nous faire apprécier Thorn alors que c’est un personnage qui ne vient que quand on ne s’y attend pas. Il part et revient régulièrement dans ce tome. Pourtant, comme Ophélie, le lecteur se met à attendre ses interventions avec impatience. J’ai eu plusieurs fois une boule au ventre en attendant les échanges en tête à tête entre ses deux personnages. Ils sont attendrissants dans leur gaucherie. Je ne sais pas comment l’autrice à eu l’idée de mettre en « couple » deux personnages si différents l’un de l’autre.

On commence à entrevoir le nœud de complot qui visent Thorn et sa famille. Un « ennemi » fait également son entrée l’air de rien et sa main mise sur ce qu’il se passe dans la vie de Thorn et Ophélie n’est qu’une goutte dans l’océan. Je salue vraiment l’autrice de réussir à créer un nuage de fumée si puissant que le lecteur n’arrive pas à se douter des rebondissements qui vont rythmer l’histoire. Elle fait tout ça en ajoutant parfois quelques touches d’humour grâce aux nombreuses maladresses d’Ophélie, aux réparties de Thorn et aux interventions d’Archibald, un personnage secondaire qui va prendre beaucoup d’importance dans ce tome à l’instar de la tante de Thorn, Berenilde, qui était très présente dans le premier tome.

Je n’ai qu’un seul « petit » regret. Le fait que cet « ennemi » est un lien avec la Religion et un certain « Dieu » me dérange un peu. Je n’aime pas trop quand on insère la Religion/croyance en une entité supérieure dans les livres. J’aurais préféré un bon vieux méchant humain doté de pouvoirs bien trop puissants. Enfin, on verra ce que me réserve comme surprise le troisième tome car je compte bien le commencer tout de suite après. Le seul problème c’est que l’autrice est seulement entrain d’écrire la suite… Je ne sais vraiment mais vraiment pas comment je vais faire pour lire autre chose après ce coup de cœur phénoménale que j’ai ressenti pour cette histoire.

Cette histoire a ébranlé mes croyances en matière de lecture. Je ressens un certain attachement pour ses personnages qu’ils soient principaux ou secondaires et ils m’obsèdent tous littéralement. Je m’inquiète pour eux, je vibre avec eux et je ressens une amitié sincère pour certains d’entre eux. Cette histoire me fait ressentir des choses extrêmement puissante. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas ressentie ça. Je suis grisée à chaque paragraphe et je me sens complètement hébétée quand je dois arrêter ma lecture.


Couverture La Passe-Miroir, tome 3 : La mémoire de Babel

4ème de couverture :

Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.

 

Mon avis :

Je me suis lancée dans ce 3ème tome avec une énergie folle et bien je suis un peu triste d’avouer que la lecture de ce 3ème est mitigée. En effet, forte de mes deux coups de coeur pour le 1er et 2ème tome, j’ai eu vraiment hâte de me plonger dans ce 3ème tome. Pour résumé, je me suis ennuyée pendant la moitié du livre.

On retrouve Ophélie presque trois ans après la fin du 2ème tome. Tout d’abord, j’ai été déçue de constater qu’Ophélie n’a strictement rien fait pendant ces années. Elle s’est morfondue et a attendu que quelque chose la fasse bouger. Heureusement, Archibald et les autres, eux n’ont pas chaumés et ont appris pas mal de choses sur les différentes arches et sur les façons de les visiter rapidement. Ophélie va donc recevoir le coup de pieds aux fesses tant attendu et va atterrir à Babel.

Thorn quant à lui est introuvable. Personne ne sait ce qu’il est devenu. Pendant la moitié du livre, il sera encore une fois le grand absent de l’histoire. Suivre Ophélie seule était vraiment fastidieux car elle va intégrer une école prestigieuse sur Babel, qui forme les élèves à devenir Avant-coureurs, ce sont des personnes qui connaissent tout sur tout et qui veulent savoir tout sur tout. J’ai eu du mal car Ophélie a oublié tout ce qu’elle avait appris jusqu’à sa séparation avec Thorn. Plusieurs fois elle va être la victime de petits morveux et ne va rien faire pour se défendre. Je n’ai pas reconnu l’Ophélie qui avait évolué dans les deux précédents tomes et ça m’a clairement déçu.

Cette phase de formation est donc très longue à suivre même si certains personnages secondaires sont intéressants à connaître, comme Blaeius ou Octavio. Deux personnages bien différents, l’un est aussi maladroit qu’Ophélie et l’autre est le fils d’une des formatrices de l’école. Pourtant, j’ai apprécié les suivre et les voir échanger avec Ophélie. J’ai même cru à un moment qu’une romance allait s’installer. Peine perdue, Ophélie est obsédée par Thorn et veut absolument le retrouver.

La seconde partie du livre va être difficile à décrire sans spoiler mais c’est celle que j’ai préféré. L’action reprend un rythme soutenu même trop rapide. Les rebondissements s’enchaînent et les révélations sont surprenantes dans le bon sens du terme. Je suis ravie de constater que ce grand méchant n’est pas vraiment ce que j’imaginais dans le 2ème tome et cela me rassure car j’avais vraiment peur que ça parte un peu loin dans le mysticisme.

Dans cette seconde partie, Ophélie reprends du poil de la bête et j’ai été ravie de la revoir prendre les devants et s’assumer à nouveau telle qu’elle est. Elle m’a souvent exaspéré dans ce tome mais la fin m’a séduite et réconciliée avec ce personnage. Cette fin qui d’ailleurs me met au supplice d’attendre le 4ème tome qui n’est même pas encore prévu dans les prochains mois.

Pour conclure, cette saga m’a profondément marqué. Après avoir fini cette dernière page, elle m’obsède encore et certains des échanges entre les personnages me reviennent. Je pense vraiment que l’engouement autour de cette saga est mérité. Elle vaut vraiment le coup. J’ai tout de même hâte de suivre les prochaines aventures d’Ophélie malgré ce troisième tome en demi teinte.